Le billet de Fabrice Descamps : identité nationale, ça suffit !
Par Fabrice Descamps le Déc 15, 2009 | Dans Actu-Départementale
C'est bon, on l'avait compris, Nicolas Sarkozy a peur du Front national à l'occasion des élections régionales de mars 2010. Il souhaite éviter le retour des triangulaires qui avait permis en 1997 à la gauche de remporter les législatives. Mais une fois de plus, le Président est prêt à tout (donc à n'importe quoi) pour satisfaire ses objectifs tactiques, y compris à ouvrir la boîte de Pandore de la xénophobie. Hier soir, dans les Vosges, la ministre Nadine Morano s'est livrée à un dérapage incontrôlé en posant l'équation : islam = immigration = casquettes à l'envers (sic) = jeunes des banlieues = problèmes d'intégration. Il ne manquait plus que l'évocation des minarets pour toucher le fond de la bêtise politique la plus crasse! Alors qu'en est-il dans la réalité ?
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Eh bien, je vous invite à lire, toutes affaires cessantes, la passionnante étude menée par Claudine Attias-Donfut et François-Charles Wolff sur un échantillon représentatif de familles d'immigrés et intitulée Le destin des enfants immigrés : un désenchaînement des générations (parue chez Stock). C'est la première grande enquête en France sur plusieurs générations d'étrangers naturalisés.
Et qu'y découvre-t-on ? Qu'à revenus égaux, les enfants d'immigrés de la deuxième génération sont aussi bien intégrés que des Français de souche. Autrement dit, et comme je le pensais depuis longtemps, les problèmes d'intégration qui touchent par exemple les jeunes du 9-3 ne sont pas liés à l'immigration mais aux difficultés socio-économiques de leur territoire. Un fils d'ouvrier français de souche n'a ni plus ni moins de chances d'intégrer Polytechnique qu'un fils d'ouvrier immigré, qu'on se le dise. Si panne de l'ascenceur il y a , elle n'est pas due au racisme des Français, mais au fait que les élites françaises sont fermées aux enfants d'origines modestes, qu'ils viennent de St-Denis ou ... des Landes, comme moi. Là est le problème véritable de la France. Le problème de la France ne s'appelle pas Mourad, mais Jean, comme Jean Sarkozy.
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