Le billet de Fabrice Descamps : quota de boursiers dans les grandes écoles, une fausse bonne idée
Par Fabrice Descamps le Jan 8, 2010 | Dans Actu-générale
Il semblerait que Nicolas Sarkozy lise mes billets : il a apparemment enfin compris que le débat sur l'identité nationale était piégé et que, comme je l'indiquais dans l'un d'entre eux, le vrai problème de la France, c'était la fermeture de ses élites aux enfants d'origine modeste.
C'est pourquoi il vient de proposer d'établir des quotas d'étudiants boursiers dans les concours des grandes écoles qui sont le symbole de l'élitisme républicain, mais aussi de sa panne actuelle. En effet, si en 1955, 29% des élèves de ces écoles venaient de milieux modestes, ils n'étaient plus que 9% quarante ans plus tard, selon une étude publiée en 1995 et évoquée dans le journal Le Monde de ce jour.
Le problème, c'est que l'idée de M. Sarkozy est très mauvaise.
Suite:
Un concours n'a de valeur que parce que ceux qui l'obtiennent le doivent à leur seul mérite et surtout pas à un coup de pouce, que celui-ci soit carrément du piston ou le résultat de quotas, comme les quotas de noirs aux USA ou d'intouchables en Inde qui ont été, sur le long terme, de véritables échecs.
Alors que faire? Personne dans ce débat-ci ne s'est avisé de se demander pourquoi les grandes écoles étaient plus ouvertes aux fils d'ouvriers en 1955 qu'en 2010. C'est dommage car la réponse à cette question fournit aussi la solution au problème : le nombre de place aux concours de ces grandes écoles a stagné depuis 1955. Or, comme le nombre d'étudiants a explosé depuis 1955, évidemment la sélectivité sociale des grands concours a augmenté puisque il y a plus d'étudiants d'origine aisée qui les préparent aujourd'hui qu'en 1955.
Moralité : il faut augmenter le nombre de places à ces concours proportionnellement à l'augmentation du nombre d'étudiants depuis 1955 et donc, contrairement à ce qu'on entend souvent, non pas supprimer ces grandes écoles mais, tout à l'inverse, augmenter leurs budgets pour accueillir plus de lauréats.
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