«Nous nous maintiendrons au 2ème tour. Nous ne nous rallierons à personne.»
Par admin le Mar 6, 2010 | Dans Médiathèque, Elections Régionales 2010
Retrouvez l’intégralité de l’interview de Pascal Monier dans la Charente Libre du 06 mars 2010.
"L'obsession des 10 %"
C’est sa première campagne. Pour son baptême du feu électoral, Pascal Monier, le chercheur en économie, n’a pas fait les choses à moitié: tête de liste régionale du MoDem. Dans les quatre départements du Poitou-Charentes, il est chargé d’animer les troupes du parti de François Bayrou. Malgré les croche-pieds de Ségolène Royal, malgré les militants désorientés, l’Angoumoisin part à l’assaut du premier tour avec appétit et un certain panache. Car si les sondages lui promettent de 5 à 6% des intentions de vote, Pascal Monnier place la barre bien plus haut: «Nous sommes obsédés par les 10%. En-dessous, ce sera un échec.» Et si sa liste obtient ses 10%, Pascal Monier le jure: «Nous nous maintiendrons au deuxième tour. Nous ne nous rallierons à personne.» Ce qui relève pour l’heure de la politique-fiction.
Tête de liste régionale pour une première campagne, c’est un sacré baptême du feu. Comment l’appréhendez-vous ?
Pascal Monier. Ce n’est pas le parcours normal, mais c’est le résultat d’une envie et d’une opportunité. Je suis en situation et je fais avec ce que je suis: de la candeur, une certaine inexpérience, mais surtout des convictions et l’envie d’aller au fond des choses.
Suite:
Vous ne gagnerez pas la Région. Pour vous, quel est l’enjeu de cette élection ?
L’enjeu pour nous, c’est de montrer qu’il existe une autre voie, loin des deux grands partis. Notre liste est la seule véritable alternative. Pour les autres, le chemin est tout tracé. Europe écologie rejoindra Ségolène Royal pour le deuxième tour, c’est entendu. Nous, nous portons un autre projet politique.
Quel est votre objectif?
Atteindre les 10%, c’est une obsession. On s’arc-boute là-dessus, avec la conviction que nous pouvons y arriver. Ce score nous permettrait de nous maintenir au deuxième tour. Et avec nous, les choses sont très claires: si on atteint les 10%, il n’y aura ni fusion ni ralliement avec qui que ce soit. Nous nous maintiendrons.
Le MoDem n’a-t-il pas complètement dilapidé l’élan de la présidentielle de 2007 ?
Ce sont les premières élections locales depuis la présidentielle, en dehors des municipales. C’est l’occasion d’ancrer le parti dans un territoire.
Ne manquez-vous pas d’une base militante, au contraire d’Europe écologie, l’autre nouvel «objet politique»?
Nous venons de l’UDF, qui était un parti d’élus. Nous sommes un parti jeune aussi. Lors de cette campagne, je me rends compte que les gens ne connaissent pas le MoDem. Si on dit le parti de François Bayrou, ils percutent tout de suite. Mais le MoDem, pas encore. C’est aussi pour ça que j’ai de l’espoir. À force de se faire connaître, nous pourrons gagner des votes.
Comment jugez-vous le bilan de la présidente sortante, Ségolène Royal ?
Sur la formation, elle a fait de bonnes choses. Mais sur la méthode, il y a à redire. Elle est partout, donne l’impression de tout faire alors qu’elle est souvent dans l’affichage et la surface des choses. Elle prend beaucoup de mesures anecdotiques qui ne correspondent à rien, comme le chèque pour les appareils électroménagers. Mais que ce soit clair: nous n’aspirons pas à ce que Dominique Bussereau prenne les rênes de cette région.
Que proposez-vous pour cette région?
Il faut consolider immédiatement l’emploi, surtout quand on voit les saignées à Jack M. ou à la Cepap. Nous proposons d’injecter de suite 30 millions d’euros dans le bâtiment et les travaux publics de proximité par l’intermédiaire des Pays et des communes, par le redéploiement et la réinscription de dépenses prévues. Nous souhaitons aussi ramasser les dispositifs régionaux pour nous focaliser sur le soutien à l’activité et donc, à l’emploi. Développer l’innovation et la recherche, créer un fonds d’investissement de proximité et d’épargne solidaire, penser une démocratie environnementale sont aussi à notre programme.
Entretien réalisé par Ismaël KARROUM. www.charentelibre.com
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