« Vote du budget régional Poitou-Charentes, les raisons de mon abstention »
Par admin le Jan 21, 2009 | Dans MoDem Poitou Charentes

Élue en 2004 Conseillère régionale de Poitou-Charentes au titre de la "Nouvelle UDF" rassemblée par François Bayrou, Elisabeth Delorme-Blaizot siège au titre des "non-inscrits de la dynamique régionale".
Face à la situation économique et aux problèmes de l’emploi dans notre Région, elle n’a pas souhaité se placer dans une attitude d’opposition systématique. Sans travailler directement avec la majorité régionale, elle a choisi une attitude constructive pour soutenir toutes les initiatives qui peuvent favoriser le développement de nos départements. Elle travaille au sein de trois Commissions : "Économie-Emploi, dialogue social", "Vivre ensemble ", "Environnement". Elle s’investit plus particulièrement au sein du Forum des marais et de la mission nutrition au titre de la région.
Des actions insuffisamment concertées
1 - La Région Poitou-Charentes a la volonté de faire figure de précurseur dans l’économie verte. L’année 2008 a vu la Région mettre tout son poids pour stimuler, soutenir le redéveloppement de notre Région par l’innovation et les nouvelles technologies, les énergies renouvelables et susciter de nouvelles industries dans ce secteur. Elle s’inspire à juste titre de l’expérience de l’Allemagne en matière d’éco-habitat et plus récemment des États-Unis ("Silicon Valley") et même de la Chine pour ce qui concerne par exemple les nouveaux véhicules plus propres et plus légers.
Mais elle avance trop souvent isolée sans concertation avec les autres partenaires économiques et de ce fait a du mal à faire un effet d’entraînement
2 - L’emploi et la formation professionnelle sont au coeur du dispositif et font l’objet de tous les soins de la Région, d’une action constante et de nombreuses actions.
Mais là encore il faudrait pouvoir mieux croiser les efforts avec ceux engagés par les autres partenaires et travailler très en amont l’emploi en préparant plus de jeunes dans les domaines de la petite entreprise avec les Chambres des métiers et les Chambres de commerce qui ont besoin d’être confortées et stimulées.
3 - La Région a également la volonté d’assurer la meilleure éducation initiale et surtout à favoriser l’accès de tous à l’enseignement.
Mais les moyens mis en oeuvre apparaissent trop généraux et pas assez ciblés sur ceux qui en sont les plus éloignés ou qui risquent d’en être exclus le plus rapidement. L’attention portée aux lycées fait parfois oublier la qualité des réponses apportées par les Centres de formation d’apprentis, les Campus des métiers auxquels les familles de notre Région sont, à juste titre, très attachées et qui répondent comme les lycées agricoles à de nombreux besoins et où sont préparées de belles carrières.
4 - La protection de l’environnement et de biodiversité est portée comme un étend art par la Région. C’est une dynamique positive et il faut en effet se mobiliser avec volontarisme sur cette nécessité vis-à-vis de la planète et des nouvelles générations.
Mais cette dynamique est freinée dans ses capacités à faire adhérer et à convaincre par une attitude d’ostracisme et de rejet qui génèrent des réactions hostiles à ce développement en stigmatisant à outrance des activités qui ont besoin de plus d’accompagnement et de compréhension pour évoluer.
C’est particulièrement le cas autour de la ressource en eau et de l’agriculture.
Un fonctionnement qui s’alourdit
- Les transferts de personnels ont lourdement chargé le budget de la région et les transferts budgétaires de l'État semblent insuffisants.
La région a de son côté une politique de recrutement très dynamique et d’intégration des activités portées par des associations qui peuvent représenter une charge pour l’avenir et présente le risque d’une perte d’initiative et de réactivité du tissu associatif local.
Un budget stable mais des investissements en recul
- Avec 685 M€, le budget est stable, et la région ne recourt pas aux augmentations d’impôt et stabilise son endettement tout en conservant quelques capacités d’investissement.
- Les investissements particulièrement pour ce qui concerne les infrastructures, qui auraient pu être "boostés" en lien avec les décisions gouvernementales et européennes de relance restent réservés.
Les incitations de la région semblent insuffisantes. Même si les ressources de la collectivité ne doivent pas être obérées en remplacement des investisseurs économiques.
- La région a lancé l’adage « un euro dépensé doit être un euro utile ».
Chacun ne peut que partager cette volonté. Ce doit être celle de tous ceux en charge de la collectivité. Elle a préparé en 2007 et lancé en 2008 un premier dispositif innovant d’évaluation des politiques publiques associant directement les publics concernés ; c’est une réelle innovation que d’affirmer cette volonté aussi clairement.
Mais ces évaluations sont le plus souvent d’abord d’ordre qualitatif et relèvent plus d’appréciation que d’une analyse économique.
La région ne dispose pas d’indicateurs, ni de tableau de bord faciles d’accès permettant de comprendre les bénéfices apportés par cette nouvelle gestion.
C’est pourquoi, j’ai choisi de m’abstenir lors du vote du budget afin de marquer à la fois mon adhésion à certaines des priorités pour le développement de notre Région mais mes réserves sur le manque d’intérêt porté au développement des activités et des compétences qui ont fait la richesse de notre région et dans la valorisation de nos ressources (tourisme littoral). De même pour les modalités de gestion et d’investissement qui y sont consacrées et qui manquent de dynamisme.
Elisabeth Delorme-Blaizot
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